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La nationalisation française EDF : Renationaliser EDF à l’Assemblée Nationale, est ce possible ?

par Desfois Michel
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Renationaliser EDF
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Mercredi 6 juillet 2022, Elisabeth Borne a confirmé que l’État souhaitait renationaliser EDF à l’Assemblée Nationale.  Cette décision est prise pour permettre à l’entreprise de sortir des contraintes des marchés de bourse rapidement.

Il faut cependant noter qu’il s’agit d’une condition qui n’apporte pas de réponse structurelle aux enjeux de transformation du groupe. En l’occurrence, pour mener à bien sa mission prioritaire, il est nécessaire de réussir à relancer la filière nucléaire française. Cette idée permettrait ainsi à la France d’assurer son indépendance énergétique. Mais à condition que l’État finance l’essentiel de ce plan estimé à plus de 50 milliards d’euros.

Pourquoi l’Etat français veut-il renationaliser EDF ?

EDF va mobiliser une très grande partie des moyens financiers de l’Etat français. Cela s’explique par les enjeux du plus grand projet électronucléaire du monde occidental depuis 40 ans.

La nationalisation d’EDF donnera à la France toutes les chances d’être plus indépendant dans les années à venir. Et ce, surtout en matière de l’énergie.

La guerre en Ukraine nous a rappelés que la souveraineté énergétique d’un pays est primordiale.

Ce retour au capital serait donc aussi un moyen de renflouer les caisses d’EDF. À noter que celle-ci souffre d’une dette qui pourrait atteindre près de 60 milliards d’ici la fin de l’année. C’est notamment l’affirmation de la CFE-CFDT dans un communiqué.

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Quel est l’avantage de nationaliser EDF ?

La nationalisation à 100 % d’EDF permettra d’agir plus rapidement face à une crise énergétique. Celle-ci constitue néanmoins un « problème considérable » dans les mois à venir. La coupure des approvisionnements en gaz russe, étant « l’option la plus probable », figure parmi les craintes du ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

En effet, le président russe a déclaré qu’il n’avait « pas encore commencé les choses sérieuses en Ukraine ». Cela, après quatre mois et demi de guerre. L’ancien député UMP, puis LR a donc insisté pour que « l’on se prépare à la coupure totale du gaz russe ». Il estime aussi que la crise énergétique est « le sujet le plus important des prochains mois ».

Ainsi, l’augmentation prévue de 84% à 100% du capital de la compagnie d’électricité change beaucoup de choses. Beaucoup de projets peuvent être envisagés et différents débats sont mis sur le tapis concernant la part d’actions privés dans l’entreprise.

D’après l’interview du ministre, ces initiatives sont très utiles pour prendre des décisions plus rapides sur la production d’électricité décarbonée en France.

Quelle est la raison de la décision de l’Etat pour nationaliser EDF ?

L’État va nationaliser intégralement l’entreprise de fourniture d’énergie française EDF. Cette étape semble incontournable pour la faire sortir de la « dictature des marchés ». Plus précisément, de celle de l’agence de notation financière Standard & Poor’s (S&P). Cette dernière est effrayée par les prévisions financières. Il en est de même du manque de visibilité sur l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire.

Ainsi, la menace d’une nouvelle dégradation de la note d’EDF plane en permanence. Il s’agit d’une perspective que le gouvernement et les dirigeants de l’entreprise EDF redoutent. Cela risque d’entraver la capacité du groupe à renégocier sa dette. Avec cette initiative de nationalisation, une négociation de nouvelles lignes de financement peut être espérée.

Bien entendu, cette stratégie est loin de supprimer la tutelle des agences. Cependant, elle laisse paraître une moindre agressivité des analystes sur la dette du fait du renforcement de la garantie de l’Etat.

Quelle est la durée de travail de la nationalisation d’EDF ?

D’après les discussions, une mise en service en 2035-2037 supposerait le commencement des travaux en 2027-2028. Il faut néanmoins obtenir toutes les autorisations nécessaires à la construction et aux nouveaux projets dans cette voie. Cela peut cependant prendre du temps. Le chemin entre la renationalisation d’aujourd’hui et ce point d’arrivée sera encore long et compliqué.

Pour plus de clarté, cette stratégie implique tout d’abord une nouvelle et dure négociation à Bruxelles. Cette discussion concerne globalement la réglementation du parc nucléaire installé. Ensuite, le financement de nouveaux EPR, et la restructuration de l’énorme dette du groupe sont à mettre à l’honneur.

Ces projets s’élèveraient à près de 43 milliards d’euros à la fin de l’année dernière. D’après les estimations, les dépenses peuvent même flirter dans les 100 milliards d’ici à la fin 2022, selon S&P.

 

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