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Yassine Yakouti : l’avocat qu’on n’attendait pas

Yassine Yakouti, 41 ans, a grandi dans les Hautes-de-Seine. Loin de l'environnement socio-culturel de la majorité de ses futurs confrères du Barreau. Il a appris à s'adapter à un monde bien différent du sien en prêtant serment.

par Desfois Michel
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Yassine Yakouti : l’avocat qu’on n’attendait pas
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Ainsi, pour devenir avocat, il a fait preuve de pugnacité et a enchaîné plusieurs emplois pendant ses études.

Cette abnégation lui a valu l’obtention d’une maîtrise en droit de l’Université Paris Sud et deux autres diplômes d’école de commerce. Portrait de Yassine Yakouti.

Yassine Yakouti : Sa vocation… Et sa désillusion

Disons-le tout net, Yassine Yakouti est bon à l’école. Il entre au lycée Lakanal en région parisienne. Son aisance à l’oral, son amour de la littérature et de la justice laissent croire à son entourage que ce brillant élève deviendra plus tard avocat. Lorsqu’on lui parle de littérature, Yassine yakouti répond : “Moi, celui que je préfère par-dessus tout, c’est Maupassant. Voilà, je suis de la secte de Maupassant. J’ai dû tout lire.

” Mais la vocation de Yassine Yakouti ne s’est manifestée qu’après avoir découvert la vie et l’œuvre de Jacques Vergès. Cet avocat bien connu, a travaillé sur le cas d’Omar Raddad, accusé à tort du meurtre de son employeur. Le jeune Yassine Yakouti est alors abasourdi par le verdict initial, qui révèle des allégations d’injustice et de racisme. “Omar Raddad, ce jardinier marocain avait été impliqué et condamné principalement parce qu’il collait aux stéréotypes. Il y avait aussi cette question de l’erreur judiciaire… L’aura de l’avocat m’avait fasciné.”

Après ses études secondaires, Yassine Yakouti entre à la faculté de droit de l’université Paris-Saclay, au sud de Paris. Toujours épris de justice, il préfère éviter les universités parisiennes. En parallèle de sa licence, le jeune homme exerce des petits boulots : conducteur d’engins RATP, chauffeur poids lourd, livreur. Ces métiers financent ses études.

C’est aussi grâce à son métier de chauffeur routier qu’il rencontre Thibault Guilluy.

“Je travaillais en fin de deuxième année, j’étais chauffeur pour la RATP et j’ai rencontré un ami, Thibault Guilluy, qui aujourd’hui est Haut-Commissaire aux entreprises solidaires. Et en discutant l’un et l’autre, je me rendais compte qu’il n’y avait pas de réseau, il n’y avait pas Twitter. C’était toi et ta chance. C’était en réalité très intuitu personæ. Donc je rencontre cet ami qui me dit : “J’ai une grande sœur qui est avocate”, je ne savais même pas que ça existait des cabinets comme ça. Donc j’ai envoyé mon CV, j’ai acheté mon premier costume, ma première cravate et j’étais très content d’aller classer les livres dans la bibliothèque de ce cabinet d’avocats” se souvient Yassine Yakouti.

Mais un autre évènement a fait basculer le destin de l’avocat, c’est la découverte de la Conférence du Barreau de Paris. L’organisation permet chaque année à douze jeunes avocats d’assurer une défense pénale d’urgence, dans des affaires particulièrement sensibles.

Les heureux gagnants sont sélectionnés par le biais d’un concours d’éloquence. De grands avocats ont participé à la Conférence : Christian Le Borgne, Jacques Vergès, Jean-Yves Le Borgne, Henri Leclerc, Raymond Poincaré, Jean-Marc Fedida, Arnaud Montebourg, Léon Gambetta, etc. Ainsi, Yassine Yakouti a décidé de se préparer à la rude compétition en travaillant dur.

 Il tire au sort  une délicate question : « Faut-il encourager les lâches ? “. Bien sûr, la réponse est affirmative. Car ce jeune avocat se méfie des gens qui semblent trop parfaits. Le travail d’un avocat consiste également à travailler en profondeur avec les individus, pour comprendre leurs qualités et leurs faiblesses. Finalement, Yassine yakouti est admis à la Conférence.

Le jeune homme passe de chauffeur routier à avocat d’affaires : « Une fois à la fac de droit, je travaillais en parallèle ; j’étais chauffeur-livreur, puis chauffeur poids lourd. Je dois être l’un des seuls avocats à avoir mon permis poids lourd. Et de fil en aiguille, je ne voulais plus être comme Vergès. Je me suis orienté vers le droit des affaires. Donc j’ai suivi un cursus en droit des affaires et fiscalité internationale. »

Yassine Yakouti rejoint ensuite Freshfields Bruckhaus Deringer en 2008, dans leur cabinet parisien. Cependant, il tombe bien mal. Le monde financier est alors dans la tourmente de la crise des subprimes. Yassine Yakouti est choqué par l’absence de justice et par certains comportements brutaux, notamment lorsqu’il travaille sur la faillite d’une grande banque. Cette rude année lui fait prendre conscience qu’il ne pouvait pas passer toute sa carrière dans cet environnement.

Yassine Yakouti décrit ainsi le milieu : “Un comportement rapace, c’était le seul objectif de cette banque qui avait quand même plombé une grande partie de l’économie internationale. C’était tout bon, tout pour leur gueule quoi. Il y a eu de graves répercussions financières et juridiques. Mais ce qui comptait pour des dirigeants, c’était de pomper tout l’argent.”

Il a décidé de démissionner pour se diriger vers le droit pénal, qui l’avait tellement captivé lorsqu’il était jeune.

Yassine Yakouti : “Le droit pénal est le corollaire de la justice”

Ce qui a en effet poussé cet avocat à s’orienter vers le droit pénal est la notion de justice qu’il avait déjà en lui très jeune. “Je m’occupais dans la ville où j’ai grandi d’une association qui s’appelait ‘‘Gosses des rues d’ici et d’ailleurs’’ et l’idée, c’était de partir à l’étranger, au Maroc, au Kosovo, en Inde, avec des jeunes du quartier ou d’ailleurs qui avaient un certain nombre de difficultés et de faire un vrai chantier, par exemple construire une bibliothèque, construire un atelier, boulangerie, une école, un terrain de sport. Et c’est dans ce contexte-là que j’ai rencontré Thibaut Guilluy, de Sport Sans Frontières.”

Malgré le désir de justice, la transition vers le droit pénal n’était pas si simple pour Yassine Yakouti. « J’ai, dit-il, écrit à tout le monde. Je crois que j’ai dû envoyer 400 CV. Il y a peut-être dix avocats qui m’ont répondu et je me souviens de ceux qui m’ont répondu. Aujourd’hui, je comprends. Je n’en garde rigueur à aucun de ceux qui ne m’avaient pas répondu. Il y avait beaucoup de travail et le silence est une forme de réponse, n’est-ce pas ?”.

Tout de même convaincu de ses capacités et de ses premiers succès, Yassine Yakouti fonde le cabinet… Yassine Yakouti en janvier 2011 dans le but de toucher des jeunes d’horizons divers comme lui. Il s’est fait un nom en défendant des clients prestigieux et en intervenant dans des affaires sensationnelles. Ambitieux depuis le collège, Yassine Yakouti s’est donné les moyens d’atteindre cette notoriété.

Ces dernières années, le nom de Yassine Yakouti revient dans la sphère médiatique. Une affaire tristement célèbre le porte sur le devant de la scène : la bagarre entre les rappeurs Booba et Kaaris dans un duty-free de l’aéroport de Paris-Orly. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de Yassine Yakouti !

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