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Publié le lundi 29 octobre 2012 à 13:24

"La Réparation", le nouveau livre de Colombe Schneck

"Je me suis d'abord trompée.
Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La petite Salomé, dont ma fille porte le beau prénom, mon arrière-grand-mère, ma grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien.
"

Que s'est-il passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Et pourquoi cette volonté de vivre à tout prix ?
Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck remonte le temps et fouille les mémoires. Jusqu'à la découverte d'une vérité bouleversante.

Critique :

Avec ce récit personnel, nous vous proposons de continuer à découvrir les romans de cette si riche rentrée littéraire 2012.

Alors qu'elle devient mère pour la deuxième fois, la narratrice choisit de donner à sa fille le prénom d'une petite fille qui hante la mémoire familiale. Le choix de ce prénom va réveiller le besoin de remonter l'histoire de la famille pour savoir ce qu'il s'est véritable passé dans le ghetto lituanien de Kovno en 1943. La narratrice, en rencontrant les survivants de cette époque, comprendra alors mieux les siens, et finira par découvrir l'incroyable vérité, si difficile à admettre.

Je n'ai encore rien lu de particulier au sujet de ce livre de Colombe Schneck. Je ne connaissais pas non plus l'auteur, qui signe pourtant ici son cinquième livre. Mais c'est une très belle découverte. L'un de ces livres dont on reste possédé pendant quelques temps après en avoir refermé la première page. L'un de ces livres qui marquent la mémoire, non pas par son originalité puisqu'il traite de la Shoah et qu'il existe déjà des centaines de livres sur le sujet, mais par l'éclairage très particulier qu'il est donné sur cette famille.

Ecrite à la première personne, l'histoire nous donne de suite l'impression d'être dans une (auto)biographie. Colombe Schneck, au fur et à mesure de ses découvertes, nous fait également part de ses réflexions sur son "droit" à connaître l'histoire, sur le poids du choix de ce prénom, sur le poids d'un secret de famille. Colombe Schneck a su nous livrer cette histoire sans mélo, sans pathos, juste avec les mots d'une Femme, qui, devenue mère à son tour, a envie de comprendre tout en se questionnant sur sa légitimité à remuer le passé.

"[...] c'était le moment ou jamais, le moment de ce qui aurait pu ressembler à une réparation.
Une nouvelle Salomé venait de naître, elle hurlait, elle était ravissante, elle était vivante
."

 Il y a beaucoup de douleur dans la découverte de la tragédie concernant Salomé, mais il y a aussi toute la force de ceux qui ont survécu pour pouvoir raconter.

Juste parce que Salomé aurait pu s'appeler Sarah :

Cécile BONTONNOU
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