Pierpoljak vous présente sa 'Légendaire Sérénade'
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Découvrez un Pierpoljak serein ! >>
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Le 8 février prochain marquera le retour de Pierpoljak en France avec un nouvel album intitulé Légendaire Sérénade. Porté par le single J'me comprends tout seul, l'artiste nous livre un album loin de l'image d'un simple chanteur de reggae et nous fait part de son mal être à travers des textes aiguisés et une musique décortiquée. Découvrons ensemble le "nouveau" Pierpoljak...
Bonjour Pierpoljak et bienvenu sur PTiTBloG. Pour ce retour, peux-tu nous présenter le "nouveau" Pierpoljak : c'est toi et tes musiciens mais y a-t-il eu des changements ?
Pierpoljak, il n'y en a qu'un, c'est moi (rires). Les musiciens, avec qui je joue, ont déjà joué avec moi à des époques différentes depuis une quinzaine d'années. C'est un peu la famille.
Ton dernier album Tuff Gong Blues (sorti exclusivement en Jamaïque) explorait les racines du reggae. Pour Légendaire Sérénade, avais-tu encore envie de ça ou voulais-tu un retour au français ?
On peut me cataloguer "chanteur de reggae" et je voulais aussi m'éloigner un peu de ça. Il y a toujours du reggae dans ma musique mais le changement est volontaire. Depuis l'album précédent, j'essayais de partir un peu ailleurs et là, je suis parti un peu plus loin (rires). Il y a un reggae dans l'album. Pour moi, dans ce qu'on appelle la musique reggae, on ne peut pas aller plus loin que ce qui a été fait dans les années 70.
Tu présentes ton dixième album. As-tu encore de nouvelles influences ou penses-tu plutôt te reposer sur un background musical ?
Musicalement, je n'écoute pas tout ce qui sort mais de temps en temps, il y a des trucs que j'aime bien mais cela ne m'inspire pas. Pour ce qui est de l'inspiration pour les paroles, c'est toujours lié à ma vie. Pour les influences musicales, je m'aperçois que plus je vieillis et plus je vais chercher dans mes souvenirs d'enfance. Je trouve que dans cet album, tu peux entendre des influences des Rolling Stones, par exemple.
Le style de cet album paraît plus épuré que ton travail précédent. Peux-tu nous en parler ?
C'est voulu. J'avais envie que l'on comprenne les paroles. Quand tu écoutes les disques ca va, mais en concert c'est "bourrin". Je n'avais plus envie du gros reggae. Je voulais quelque chose de simple, décortiqué pour que l'on comprenne les paroles.
Tu as proposé certains morceaux plutôt "légers" auparavant. Ici, as-tu eu plus d'exigence d'écriture envers toi-même ?
J'ai mis un peu plus de temps. Pour la première fois, j'ai eu aussi un directeur artistique, un vrai, un bon : Sylvain Taillet. Il fait vraiment son boulot : quand il produit un artiste, il est présent dès le début des maquettes et de l'écriture. Il m'a viré 5 ou 6 chansons. Avant, personne ne me virait de chansons et ne me disait "J'aime" ou "J'aime pas" cette ligne. Ce n'est pas un dictateur mais cette entente nous a permis d'aller plus loin. Quand j'ai écrit la plupart des chansons, j'étais dans une profonde déprime. Il y avait beaucoup de rancoeur. Je me suis dit qu'il fallait que je tourne ça en positif.
Par exemple, il y a une chanson Awa qui est sur une femme seule qui a un bébé. Au départ, c'était haineux car j'ai vachement de problèmes avec cette situation et les mamans de mes enfants. Et finalement, j'ai tourné cela pour mettre en avant l'admiration, le respect, l'amour pour cette personne.
C'est comme le titre Petite dépression qui au début était un taillage très dur. A ce niveau là, j'ai pas mal travaillé sur les paroles. Je n'ai pas de difficultés pour trouver les mots mais je me suis vraiment penché sur le sens,le thème et ce que je vais délivrer avec. Je ne voulais pas délivrer de rancoeur. Plus tu te renfermes et plus tu es rancunier. J'avais envie de sortir du trou, de déployer mes ailes (rires).
Tu nous parles de l'importance du texte: as-tu un message à faire passer ?
Moi, je n'ai jamais eu de message à faire passer. J'ai juste mes chansons. J'ai eu des témoignages de plein de gens : certains étaient à l'hôpital, d'autres en prison, certains se sont connus sur ma musique, ont eu des enfants... Le vrai message est celui que les gens reçoivent. Il y a certaines chansons qui t'aident à survivre. On en a tous. Je n'ai pas de leçons à donner, je suis un mauvais gars (rires), je ne suis pas un exemple.
Tu as fait en sorte que tes textes ne soient pas tournés que vers la rancoeur. Même si tu n'as pas de messages, tu fais quand même attention ?
Complètement. Je suis conscient que les gens vont écouter et je préfère présenter un truc plus élaboré qu'un truc bourrin. Je pourrais parler d'herbe, c'est facile mais il n'y a qu'une petite phrase là-dessus. Je fume beaucoup mais je n'ai jamais voulu délivrer de message sur le sujet. Si certaines personnes ne voient que cela en toi (ce qui a été le cas à une certaine époque) je leur dis que je ne suis pas que ça.
De cet album ressort un fort sentiment de solitude. Est-ce une solitude personnelle ou plus universelle, d'une société de plus en plus individualiste ?
C'est un peu toutes les solitudes. Que ce soit cet album ou les précédents, je les commence toujours tout seul avec ma petite guitare pourrie. Sur les albums précédents, j'en avais aussi gros sur la patate mais cela a été moins perçu car la musique était plus fournie, plus basée sur le rythme donc on faisait moins attention. Là je voulais un côté moins "bourrin".
Pour la scène, comment vas-tu faire cohabiter ton univers reggae et ce nouveau côté plus"soft" ?
En réfléchissant, j'avais vraiment envie de ce côté dépouillé, décortiqué. Quand je suis sur scène, je suis obligé de faire baisser le son de l'orchestre pour que le public entende certains couplets : c'est ça les "reggae men" (rires). Je ne veux plus le faire. Avec mon orchestre au départ, on voulait faire un truc acoustique et un truc bourrin. J'ai dit "Stop". On décortique tout même les vieilles chansons. Sinon cela n'a pas de sens d'amener un changement.
Penses-tu à la scène au moment de l'élaboration d'un nouvel album ou est-ce complètement dissocié ?
Je ne me mets pas de barrières. Il y a des chansons qui passent bien en disque mais moins sur scène et inversement. Là, je me suis dit: on fait tout. Quand je fais les chansons, je ne m'imagine pas sur scène. Moi, j'aime la création des chansons, les maquettes : c'est le moment magique et j'aime les concerts.
Merci Pierpoljak d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. On rappelle que ton premier single extrait de Légendaire Sérénade s'intitule J'me comprends tout seul et que tu seras en tournée dans toute la France dès le mois de mars avec un passage à La Cigale de Paris le 8 avril. Bonne continuation à toi !
Références :
Site officiel de Pierpoljak !
MySpace officiel de Pierpoljak !
Découvrez la vidéo des répétitions pour J'me compends tout seul :
- Cet article a été rédigé par Laure
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