Les interviews réalisées par la rédaction

Najoua Belyzel vous présente 'Au féminin' (1/3)

20:12

Première partie de notre interview exclusive ! >>

OCTO 09
19

Najoua Belyzel a squatté les charts français avec des titres comme Gabriel, Je ferme les yeux et Comme toi et a vendu 600 000 exemplaires de ses disques (albums + singles). Depuis, attente et rumeurs sur un second opus ont alimenté la toile. Finalement, ce sera l'album Au féminin qui succèdera à son premier opus et dont la sortie est prévue le 23 novembre. Pour célébrer cette sortie, Najoua vous dit tout et PTiTBloG vous offre une interview exclusive en trois parties pour découvrir ce nouvel opus. Pour débuter, Najoua va nous parler de la genèse d'Au féminin tout en revenant sur l'aventure de son premier album. Elle nous parlera aussi de son nouveau single M (Hey Hey Hey) et de sa relation avec Mylène Farmer !

Bonjour Najoua et bienvenue sur PTiTBloG. Trois ans se sont écoulés depuis ton premier album. De nombreuses rumeurs parlaient de soucis techniques pour ton enregistrement qui auraient retardé son élaboration. Est-ce la cause principale ou avais-tu aussi besoin de prendre ton temps ?

Il y a un peu de tout. Cela parait long mais le premier album j'ai mis 24 ans à le faire (rires) donc trois ans c'est relatif, ce n'est pas très grave. Consciemment et inconsciemment, il fallait que je prenne mon temps car je ne suis pas une machine. Pour mon premier album, j'ai été assez déçue du comportement de ma maison de disques car ils m'ont coupé l'herbe sous le pied car je pensais qu'on allait développer d'autres chansons. En gros, on m'a dit de faire un deuxième album très vite pour dans six mois. A part les Beatles, il n'y a personne qui fait un album tous les six mois. Pour moi, ce n'était pas possible. Il a fallu gérer aussi le premier succès. Si j'avais voulu être vraiment la 'number one', j'aurai fait les choses plus facilement, j'aurai montré mes fesses dans mes clips, j'aurai fait de la musique facile moins compliquée. Pour moi, il était hors de question de faire quelque chose de différent de ce que je suis.

De plus, j'ai commencé à avoir une étiquette de chanteuse "dance". Peut-être par rapport au fait que Gabriel était up-tempo, que j'étais signée dans un label qui faisait beaucoup de dance. Tout cela m'a fait très peur et je me suis dit que pour le prochain album, il fallait que je me détache de ce côté dancefloor/club et que je fasse quelque chose de beaucoup plus pop. J'aime l'electro mais je voulais juste teinter mes chansons d'electro avec des synthés, en accélérant le beat mais pour les textes, rester ce que j'étais et aborder des thèmes forts. Je l'avais déjà fait pour le premier album où j'avais parlé des abus sexuels, de la guerre en Irak. Pour le deuxième album, je voulais parler d'infanticide mais je me suis retenue quand même. C'est pour tout cela que j'ai pris mon temps car je voulais avoir des choses à dire et à défendre.

En 2007, j'ai travaillé avec l'ami d'un ami d'un ami que je ne connaissais pas. En fait, il a essayé de me formater. Il a voulu que l'on fasse un album "classico-mystique" et cela devait s'appeler Moderato Cantabile mais cela ne me ressemblait pas. Il a voulu me formater et je ne crois pas au fait de faire faire des choses aux gens : la preuve, cela n'a pas fonctionné. C'est de là qu'est sorti Quand revient l'été. J'ai dit stop. Cette chanson est devenue une chanson d'entre-deux albums et j'ai décidé de prendre mon temps et de faire un album qui me ressemble.

Pour revenir sur Au féminin : au mois de juin, on devait mixer les six derniers titres et catastrophe ! J'étais en vacances et je reçois un coup de téléphone de Christophe Cazenave avec qui je travaille et il m'annonce la panne de disque dur. La sauvegarde avait aussi cramé. J'étais hyper mal car je me disais qu'il allait falloir que je rechante alors que sur des titres comme Jérémy, je m'étais sentie hyper bien vocalement. On ne peut pas ravoir l'émotion sur certains titres. La bonne nouvelle était que les voix étaient sauvées mais on a du réarranger six chansons. La tracklist reste la même mais il y a deux/ trois trucs que je voulais mettre pour les fans mais j'ai du les enlever pour le coup. Il y aura quand même d'autres surprises.

Ton second album porte le titre d'un morceau Au féminin. Voulais-tu mettre particulièrement ce titre en lumière ou est-ce un titre détaché du morceau et plus universel ?

En fait, j'étais en voiture et j'écoutais une émission où l'on parlait de la Guerre de 100 ans. On parlait d'un mouvement féminin où toutes les femmes décidaient de s'allier pour une trêve de l'amour. Elles se refusaient aux hommes car elles ne voulaient pas enfanter pour ne pas que leurs enfants servent la cause de la guerre. Ce mouvement si fort m'a beaucoup inspiré et c'est à ce moment là que j'ai décidé que l'album allait tourner autour de l'astre féminin, sans aller dans un trip féministe. Je voulais positionner un regard féminin sur les choses. C'est au même moment que j'ai fait le titre Au féminin. Je suis donc restée dans un truc plus doux, plus lumineux que mon premier album. Mon premier album était plus incisif car j'étais en colère : j'ai réglé mes comptes avec Docteur Gel, la guerre en Irak... J'ai pris un peu plus de recul. Je me suis mise sur un podium et j'ai pris toutes les femmes avec moi. L'album se résume dans la phrase "La femme est le grain de beauté de l'homme, le grain de beauté du monde".

Tu nous dis que cet album est plus lumineux que le premier mais les thèmes sont quand même assez lourds...

Pour moi, lumineux signifie que j'éclaire les gens par rapport à des choses. Par exemple, Viola, qui parle de l'excision, de plusieurs femmes qui ont souffert, peut peut être parler à des personnes qui ont subi de telles choses. Peut-être que d'en entendre parler, cela peut te rendre plus forte. Mes thèmes sont lourds mais je ne veux pas faire des choses niaises du style "Je t'aime, tu m'aimes, je t'ai quittée...". C'est inutile et cela nous ressemble tellement trop, il faut passer au-dessus.

Dans mon album, il y a beaucoup de choses autobiographiques et aussi des choses inventées. J'aime m'inventer des histoires pour finir par y croire. C'est quelque chose qui me suit depuis le début. Il y a un moment donné où tu ne peux pas tout le temps raconter ta vie ou sinon je sors un bouquin (rires). Je m'inspire de ce que j'aurai aimé être, c'est un peu de la schyzophrénie. Je suis issue d'une famille nombreuse où il y a beaucoup de femmes dont je me suis aussi inspirée.

Mon premier album était assez douloureux et centré sur des choses que j'avais vécues. Même si j'avais 24 ans, on ne met pas 24 ans dans un album. Dans le second, je suis allée chercher des choses quand j'étais plus petite ou imaginer des choses quand je serai plus vieille et qui ne sont pas encore arrivées. C'est comme un puzzle de ma personnalité, de la femme que je suis. Dans cet album, je n'essaie pas de donner de leçons mais de comprendre. En musique, on peut tout se permettre et les messages sont plus faciles à transmettre. Ce que j'essaie de mettre en musique sont mes vérités, les tiennes et celles des autres. On vit tous dans le même monde. Il faut trouver le juste milieu entre ce qui est dit et ce qu'on veut faire passer. Certains vont être plus sensible aux beats. Ma vie n'est pas la tienne ou M (Hey Hey Hey) sont dansantes alors que Viola est beaucoup plus douce.

Tu considères ta musique comme vectrice de messages. Est-ce que certaines chansons t'ont aidée dans ta vie personnelle ?

Pour moi, la musique était quelque chose de consommable. Je n'avais pas l'impression que cela pouvait me faire quelque chose. Quand je faisais mon premier album, je n'avais pas de bagage, pas de culture musicale par rapport à mes parents. Je n'ai rien eu : j'ai eu beaucoup d'amour mais pas de culture musicale ni religieuse par exemple. Ma liaison avec Dieu est personnelle. Je ne donne pas de nom à ma religion comme pour ma musique.

En fait j'écrivais beaucoup et j'ai rencontré Christophe Cazenave qui est la clé de cette vie là. Un jour, on a comparé ce qu'on écrivait et c'était impressionnant de voir les ressemblances. J'ai chanté sur des chansons qui étaient prévues pour une autre artiste mais je ne ressentais rien. Donc on a tout repris et j'ai eu la chance de travailler avec Christophe qui fait du sur-mesure comme un tailleur : il taille la musique sur mes mots. Le fait d'avoir travaillé avec des gens qui sont d'une ou deux générations plus vieilles que moi m'a permis de fouiller dans leurs studios. En 2002, j'avais 19 ans et j'étais inculte donc j'ai découvert les Beatles et je me suis pris une claque. C'est là avec Brel, Polnareff, du classique avec Mozart, Beethoven que j'ai découvert cette musique intemporelle, universelle. J'écoute moins la musique d'aujourd'hui car j'ai peur des influences.

Tu nous parles d'influences... comment as-tu vécu la comparaison avec Mylène Farmer à la sortie de ton premier album ?

Je n'ai pas subi l'influence de Mylène Farmer mais la comparaison. La première fois, c'est un jeune homme qui m'a dit que mon clip avait été tourné à l'abbaye de Mériel comme celui de Je te rends ton amour de Mylène Farmer mais je ne le savais pas. En fait, pour la comparaison, au départ, j'étais flattée et au fur à mesure, cela m'a énervé. Aujourd'hui, ça va. Au départ, pour l'abbaye, je disais ok, mais après pour Je ferme les yeux, on disait que je parlais de Dieu comme Mylène Farmer mais Dieu n'appartient pas à Mylène Farmer. On n'a pas le même âge, on n'est pas de la même génération, de la même religion. En même temps, tout a été fait, tout a été dit donc on peut bien dire que Mylène Farmer a pompé sur quelqu'un. Peut-être que quelqu'un recopiera sur moi... On est des artistes. Moi je suis une artiste débutante et Mylène Farmer est quelqu'un d'aboutie, qui a explosé...

J'ai reçu beaucoup de violence de la part de ses fans et heureusement que j'ai été protégée par mes proches. Je préfère rester à ma place. Je ne veux pas me mentir et si j'ai envie de parler de Dieu, je parlerai de Dieu. Certains fans de Farmer deviennent fous des fois sur le net par rapport à moi. C'est bizarre car ils comparent mais ils ne le veulent pas non plus donc il faut arrêter. C'est comme si j'étais un danger alors que cela n'a pas lieu d'être. 

La plume est personnelle. Je ne dis pas que j'écris bien mais je ne pourrai pas chanter quelque chose écrit pour moi. Ce qui est comparable avec Mylène Farmer, c'est son fonctionnement avec Boutonnat en binôme comme moi avec Christophe Cazenave. Je pense que cela continuera surtout avec le morceau M (Hey Hey Hey).

Peux-tu nous parler de ce titre M (Hey Hey hey) ?

Ce titre est une espèce de pied de nez car j'en avais tellement marre de cette histoire donc je m'en amuse. Comme je n'ai pas le droit de dire "Dieu" ou de parler des anges comme Mylène Farmer et bien le refrain n'a pas de mots, ce ne sont que des "Hey Hey Hey". Comme on dit que je m'accroche à elle, que je veux lui ressembler, je dis "Je ne suis pas les pas de Tristana mais ceux d'Allah" pour marquer les choses. Je ne sais pas si cela va changer les choses mais je me suis éclatée à le faire. A la fin, chose très importante pour moi, je précise que je ne suis pas là pour courtiser ses fans et je dis que "je ne volerai jamais ton ciel sous XXL".

Merci beaucoup Najoua pour tes réponses à nos questions. Nous te retrouverons la semaine prochaine, pour la deuxième partie de notre entretien, où tu dévoileras la tracklist complète de ton opus avec tes commentaires pour chaque morceau :  tes inspirations, tes messages... On peut découvrir ton nouveau single M (Hey Hey Hey) sur les ondes de Musique Radio en cliquant ici !

Rendez-vous la semaine prochaine sur PTiTBloG !!!!!

Références :

Myspace officiel de Najoua Belyzel !

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Vos commentaires (7)

J le 26/10/2009 à 11:23
Merci Beaucoup Ptitblog.net pour ce petit Bijou ! Vivement de découvrir la suite Aujourd'hui J' Espère ! = )))
Thomas75 le 22/10/2009 à 21:00
Ils ont juste confondus avec le nombre total de disques vendus ... mais son premier album a quand même approché les 150.000 ventes ...
Adrien le 20/10/2009 à 17:19
600 000 exemplaires vendus de son premier album et pourquoi pas 6 millions ou même 6 milliards quite à inventer des chiffres pourquoi le faire à moitie.
Thomas75 le 20/10/2009 à 14:50
Belle interview ... Bon, pour les fans de Najoua, on connaissait déjà à peu prêt tout ... mais ça fait toujours plaisir de lire ses mots ... Pour ceux qui ne la connaissent pas, c'est une belle occasion de la découvrir ... Ca résume vraiment sa personnalité ... Vivement cet album en tout cas, jamais il ne se sera fait autant désiré celui-là ... et l'article de la semaine prochaine aussi on l'attend !
Jeffgau le 20/10/2009 à 14:12
suite:Leurs fantasmes sexuels sur notre grande artiste! Et quand on prend la peine de déchiffrer les textes de Mylène,on se rend bien compte qu'elle est tout le contraire de ce que l'on pense d'elle...mais en mieux encore!
Jeffgau le 20/10/2009 à 14:09
De toute façon,quoi qu'il en soit le mot ange roux n'existe pas pour Mylène...il ne lui convient pas!seuls une poignée de fans n'ayant toujours rien compris à Mylène,persiste à l'appeler de la sorte!pourtant une chanson qui figure sur un certain album l'explique de long en large...mais une de fois de plus,ils ne savent pas lire Mylène,ils ne font sssquequefonteeeextérioriser
Mister-winehouse le 20/10/2009 à 06:34
Très Bonne interview Najoua surtout sur la comparaison avec Mylène ca ma troop fait rire "Alors le refrain n'a pas de paroles, ce sont de Hey Hey Hey " Mdrr (L) J'tadore Najoua (L) ton fan de La Réunion (L)

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