Le duo Tricot Machine vous parle de son univers !
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Deux artistes canadiens à découvrir ! >>
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Nous vous avons déjà parlé du duo Tricot Machine sur PTiTBloG et bien les voilà en interview ! Catherine et Matthieu, couple à la ville, nous présentent leur premier album déjà couronné de succès au Canada. Toujours surpris de leur réussite, à quelques heures de leur première partie de Cocoon à la Cigale, le duo se livre en toute décontraction. C'est parti !
Bonjour Tricot Machine et bienvenus sur PTiTBloG. Vous vous présentez au public français alors comment vous est venu votre nom ?
Catherine : Il y a quelques années, j'étudiais en textile et quand je suis rentrée un jour, j'ai dit à Matthieu que j'avais travaillé sur un tricot machine et tout de suite Matthieu a dit que cela ferait un bon nom de groupe.
Matthieu : Quelques années plus tard, on voulait faire de la musique plutôt artisanale donc ça allait bien.
Au départ, vous aviez un projet musical mais sans l'ambition de faire un album...
Catherine : Avec Matthieu, on s'est loué un petit local de pratique avec des amis et on faisait des chansons pour le fun. On avait de la misère avec les paroles. A l'époque le frère de Matthieu était en voyage en Asie et il lui avait écrit un courriel avec des musiques. Il est une vraie machine à écrire (rires). Finalement, on était plongé dans nos études et le projet s'est un peu essoufflé. Puis Daniel, le frère de Matthieu a participé à un concours de paroliers en Gaspésie où il a tout remporté. A son retour, il nous a dit que l'on devrait tenter ce projet là. On a fait une petite démo avec 40 copies pour des amis et elle est tombée dans les mains d'un producteur, ami d'un de nos amis. Il nous a téléphoné deux semaines plus tard et tout est parti de là.
A la première écoute ou si l'on voit le clip de L'ours, vous présentez un univers enfantin. Est-ce un choix délibéré ?
Catherine : Quand on a écrit l'album on était à un moment où l'on passait du côté enfant à celui des adultes. Mais on est des jeunes personnes qui avons encore un côté enfantin en nous. Il y a aussi le rapport entre le côté enfant joyeux et le côté plus adulte mélancolique qui fait Tricot Machine. C'est très libre comme création, on ne sait pas où l'on s'en va mais on a juste envie de le faire. Sur scène, il y a un côté en moi qui fait que je ne me sens pas comme une "femme" : j'ai fait des ateliers de chant où la prof voulait faire sortir la femme en moi mais je veux juste quelque chose de plus simple dans ma façon de chanter, de bouger.
Vous parlez d'une musique simple, artisanale. Vos textes sont assez épurés et renvoient souvent vers des images. Comment travaillez-vous avec votre parolier ?
Matthieu : Des fois je lui envoie des musiques, des fois il m'envoie des textes sans musique. Daniel essaie d'écrire en pensant à nous. Les textes qui marchent bien avec nous sont ceux comme Les peaux de lièvre où il a pensé à nous.
Catherine : Matthieu compose principalement les musiques, Daniel des textes et moi aussi je fais des textes et des musiques. Tout se relie.
Matthieu : C'est aussi Catherine qui décide ce qui passe et ce qui ne passe pas. On a confiance en ses goûts.
Il y a des titres où vous êtes en duo, sur Super ordinaire Matthieu chante seul... Le choix se fait-il naturellement ?
Catherine : Au tout départ, pour Super ordinaire, Matthieu l'a chantée car je ne l'aimais pas (rires).
Matthieu : En fait c'est à cause de cette chanson que j'ai chanté. On pensait que c'était Catherine qui allait la chanter.
Catherine : Au tout début, toutes les chansons étaient piano/voix. Au début, Matthieu pensait que je serai la seule à chanter. Mais j'ai trouvé qu'il y avait des chansons qui ne m'appartenaient pas. Quand Matthieu les chantait, ça fonctionnait bien. On découvrait aussi qu'en duo ca fonctionnait bien sur certains morceaux. C'est quand même une transformation de Matthieu. Quand je l'ai connu, je n'aurai jamais pensé qu'il pourrait faire ça. Le jour où il dansera sur scène, je me poserai vraiment des questions (rires).
Matthieu : Je ne pensais pas chanter tout seul au piano.
En France, on assiste à l'émergence de groupe folk français qui utilise la langue anglaise. Vous êtes vous posés la question de l'utilisation de langue anglaise dans votre projet ?
Matthieu : D'où l'on vient, on est entouré d'anglophones et cela pourrait donner l'impression que de par ce fait, on aurait envie de chanter en anglais mais en fait c'est le contraire.
Catherine : C'est aussi faire ressortir cette langue qu'on a peur de perdre d'une certaine façon. J'aurai aussi de la misère à chanter en anglais et me sentir aussi proche des gens. Ca donne une distance quand c'est en anglais.
Matthieu : L'idée principale est de faire de la musique authentique qui nous ressemble et moi je ne parle pas anglais.
Catherine : L'anglais a des consonances qui fonctionnent plus avec la musique, c'est plus lyrique.
Actuellement on découvre beaucoup d'artistes canadiens comme Coeur de Pirate, Pascale Picard... alors qu'on avait l'habitude de ne connaître que les grandes voix style Garou, Céline Dion... Vous avez une explication ?
Matthieu : Je pense que c'est le marché français qui s'intéresse à nous. Nous aussi, on ne connait que les grands artistes français aux grosses majors qui arrivent à traverser l'Atlantique. En ce moment, il y a une vague mais cela fait longtemps qu'il y a des groupes au Québec.
Catherine : L'émergence n'est pas très ancienne. Je crois que c'est aussi une réaction à toutes ces choses comme Star Academy. Je pense aussi qu'aujourd'hui, c'est plus facile de faire de la musique soi-même avec les moyens modernes.
Pour la sortie de votre album au Canada, vous avez reçu beaucoup de récompenses. Quelle a été votre réaction ?
Matthieu : On n'avait pas beaucoup d'attentes. Ce n'est pas comme si nous étions sur ce projet depuis dix ans.
Catherine : On a été surpris. Il n'y a pas de justice car il y a des gens qui travaillent depuis des années sur leur projet et ils n'ont rien. Pour nous, c'est arrivé comme un gros cadeau. Tout est arrivé en même temps. On ne savait presque pas quoi faire avec ça. C'était trop. Les prix encouragent, cela te fait connaître aussi.
Quelle est votre impression de repartir avec cet album en France, de reprendre l'aventure du début ?
Matthieu : On a vraiment beaucoup travaillé au Québec mais je ne pense qu'on refasse la même chose. L'idée est de se mettre en place pour le prochain disque au printemps prochain au Québec et le présenter ici aussi. On ne veut pas conquérir le marché français absolument.
Catherine : Je veux juste venir deux fois par an en vacances à Paris (rires).
Au Canada, vous avez aussi sorti un album de Noël: c'est une tradition plutôt anglo-saxonne. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?
Matthieu : On voulait faire un petit projet pour dire qu'on allait faire une pause et on voulait monter un spectacle de Noël. C'était aussi pour aller à l'encontre de ce qu'on entend actuellement et du côté commercial de Noël.
Pour terminer cette interview, un dernier mot pour les lecteurs de PTiTBloG ?
Catherine : Je trouve qu'on est chanceux. En plus, on le vit à deux. Quand il y a des moments difficiles, on est là pour se rassurer. Il y a une compétition dans ce milieu là et tu ne veux pas t'embarquer là-dedans. Je ne sais pas ce qui va se passer dans ma vie après mais c'est une des belles aventures qu'on a vécues.
Merci beaucoup Tricot Machine d'avoir répondu à nos questions, on rappelle que votre album Tricot Machine est actuellement dans les bacs et que vous êtes actuellement en tournée à travers le Canada.
Après le clip de L'ours, on vous laisse découvrir leur titre Pas fait en chocolat
Référence :
MySpace officiel de Tricot Machine !
- Cet article a été rédigé par Laure
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