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K-Maro vous présente son nouveau projet '01.10'

12:51

Une interview en toute franchise ! >>

JANV 10
09

K-Maro s'apprête à faire son retour avec un nouvel album intitulé "01.10" en mars prochain. Nouvelle direction artistique, nouveau look, K-Maro est un peu à la musique ce que le caméléon est par nature : multi-facettes. Le chanteur revient pour vous sur la genèse de son nouveau projet et se plie au jeu de l'interview. C'est parti !

Bonjour K-Maro et bienvenu sur PTiTBloG. Tu nous reviens avec un album en français alors que ton dernier Perfect stranger était en anglais. Pourquoi cette direction ?

L'album en anglais était quelque chose que je voulais. Je devais aussi le faire en anglais pour un certain timing et j'en avais vraiment envie. J'avais envie de faire un album en français avant de devoir en refaire un en anglais. C'était aussi une envie de réécrire en français mais de ne pas refaire le même truc. J'ai envie de changer de cap. L'album en anglais nous a permis d'explorer une approche du son complètement différente. Revenir de cet album pour refaire quelque chose en dessous, c'était hors de question. Pour cet album, on a laissé les instrumentations lives et organiques et on est reparti sur des synthés ce qui est d'actualité en fait. Tout le monde est dans cette mouvance là et on a essayé de s'en servir d'une façon un peu différente : ne pas essayer de sampler les années 80 mais de les recréer avec les instrumentations dont on dispose aujourd'hui.

Ca a donné 3/4 titres au départ assez différents de ce que je faisais auparavant donc j'ai consulté pas mal de personnes autour de moi que je connais bien et en qui j'ai confiance pour leur demander leur avis. A partir de ces titres, on s'est dit qu'on allait pousser un peu plus loin et faire sonner actuel.

Est-ce que ce nouveau travail vient de nouvelles influences ?

Moins que d'habitude en fait. Il est vrai que j'ai toujours été influencé par la musique urbaine américaine. Du coup, notre direction nous menait vers quelque chose que l'urbain américain n'est peut-être pas encore. Tout ce qui est plus électro, dance est très européen. Les américains ont un peu plus de mal à le maîtriser. Nous, on a l'avantage d'avoir la double culture. Le seul album que j'ai vraiment écouté est le dernier Kanye West qui est plus dans cette mouvance là. C'est vrai que j'ai écouté beaucoup moins de rap américain que d'habitude. Je suis revenu aux classiques comme Kool and the gang et toute cette époque qui nous a beaucoup inspirés pour ce nouvel album. C'était vraiment expérimental. On n'avait pas de références. Le matin quand j'arrivais avec une idée, il fallait vraiment se mettre aux claviers pour pouvoir expliquer.

Comment se passe pour toi l'élaboration d'un nouvel album ? Tu recrutes une nouvelle équipe ou tu restes avec la même ?

On a beaucoup de gens au sein de mon équipe. J'ai ma boîte d'édition dans laquelle on développe beaucoup de jeunes talents. J'avais une idée très claire de la façon dont je voulais que cela sonne. J'avais un peu de difficultés à m'expliquer comme je l'ai dit précédemment. J'ai presque tout écrit et composé sur des bases musicales. Après je me suis cassé la tête à faire des arrangements plus précis. Tout a été écrit sur des grooves basiques.

Penes-tu que le fait de choisir de changer de cap est plus simple pour toi car tu as ton propre label ?

J'ai toujours travaillé de façon très saine avec les multinationales.Je suis un mec qui m'autoproduit donc je fonctionne différemment avec les labels que les autres artistes. Cela fait 7 ans que j'ai signé et tous les gens avec qui je travaille savent comment je suis. Je n'ai jamais eu quelqu'un de la maison de disque dans le studio avant que le disque soit terminé : ils savent que je pars dans mon délire et que cela se traduira dans 13 ou 14 morceaux à la fin. Il est très rare que quelqu'un puisse me faire changer de direction. C'est plutôt moi qui vais aller vers les gens quand je sens que ce que j'avais en tête est là. A ce moment là, je leur demande leurs impressions, je prends les commentaires et je retourne en studio. Cette liberté, je l'ai depuis le premier jour donc je ne sais pas ce que c'est d'être dans un label où l'on te présente 40 titres et où tu dois choisir: je ne peux même pas l'imaginer.

Tu as proposé un premier extrait Elektric accompagné d'un clip. Peux-tu nous en parler ?

Le clip est dans la mouvance du titre qui était très différent de ce que je faisais. Beaucoup de gens autour de moi m'ont dit que j'avais beaucoup mûri. On a juste fait le clip qui allait avec le titre : j'avais envie d'un délire visuel avec du popping car j'avais vu une compétition de danse où des amis performaient et j'avais trouvé cela intéressant. Il fallait intégrer cela avec l'idée de wagons qui ont un plancher qui bouge. C'est vraiment parti sur des délires visuels. Dans le titre, je parle de ça : des avancées technologiques qu'on ne maîtrise même plus. J'avais envie que cela soit simple sans prétention car c'était juste un teaser. On a fait avec les moyens qu'on avait et on est super content du résultat.

Dans Elektric, tu nous parles du progrès, dans Génération 80, du temps qui est passé. C'est un thème qui t'a inspiré celui du temps qui passe et de son impact ?

J'avais peut-être moins la maturité pour l'exprimer sur mes deux premiers albums. Ca a toujours été mon cheval de bataille. Par rapport à moi, mon passé, j'ai l'impression que le temps est tellement précieux. Je deviens super agressif quand je vois des gens qui s'en foutent de ça : quand j'entends une copine qui s'embrouille avec ses parents et qui ne leur parle pas pendant deux mois, j'ai envie de lui dire qu'elle est malade. Ce n'est pas trop dans ce cadre là mais plus de voir les jeunes se lever et faire quelque chose et ne pas se laisser abattre par le système. C'est une thématique qui revient souvent dans l'album mais abordé de façons différentes. Il faut maximiser son temps, on loue notre espace ici donc il faut en profiter.

Là, tu as ton album qui va sortir, tu as aussi ton rôle de producteur. Comment gères-tu ces différentes casquettes ?

J'apprécie presque plus la position de producteur que celle d'être en avant. C'est intéressant de communiquer ton expérience à de jeunes artistes. Tu les mets en confiance et ils n'ont pas l'impression d'être dans une maison de disques. C'est aussi un challenge pour moi car je vois de jeunes artistes qui ont un talent fou. Avant même de penser que c'est un business pour nous, c'est simplement de se retrouver entre musiciens en week end et de se rendre compte pourquoi on est là : le plaisir de faire de la musique.

Comment vis-tu le succès des autres artistes de ton label par rapport au tien ?

Entre les artistes eux-mêmes chez nous, il n'y a aucune ambigüité. Il y en a qui décide de faire leur chemin, ça va, ça vient... Mais je n'ai jamais senti dans le noyau dur de concurrence. On est content quand il y en a un qui fait 300 000, qui fait une tournée de 20 dates...

Faire de la musique, est-ce pour toi le moyen de faire passer des messages ?

Ave la maturité, cela devient de plus en plus le cas. Au départ, mon rôle était de faire bouger les gens et je l'assumais à 100%. Je n'abandonne surtout pas cette case car c'est quelque chose qui me divertit énormément. Je ne suis pas là pour m'engager politiquement car cela ne m'intéresse pas. Par contre, j'ai envie de prendre mon rôle un petit peu plus au sérieux au niveau de l'inspiration que je peux être auprès des jeunes. Il y a beaucoup de jeunes qui sont venus me voir et hormis la musique, ils étaient inspirés par le personnage. Il n'y a rien qui me fait plus plaisir que de voir des gamins qui me disent qu'ils ont commencé leur petite collection et me demandent conseil.

Tes activités sont très éclectiques. Boulimie, besoin, équilibre... ?

Avoir tout ça est essentiel. J'ai toujours ressenti une insécurité assez poussée peut-être par rapport à mon enfance et du manque que j'ai connu pendant ma jeunesse. Du coup, je ne pourrai pas être simplement artiste et me sentir bien dans ma peau. Je trouve que c'est trop aléatoire: tu sais où tu es aujourd'hui, tu ne sais pas où tu seras demain. Le côté bohême de l'artiste me correspond beaucoup moins. J'ai besoin de me sentir actif. Je ne peux pas rester un an et demi entre deux albums à chercher l'inspiration : tout ce côté là n'est pas moi. J'ai besoin de créer toutes sortes de choses... On fait des trucs aussi stupides qu'essayer de développer une nouvelle boisson, d'avoir des idées créatives qui font qu'on carbure. A la fin de la journée, t'as l'impression que tu as fait plein de trucs. C'est important que je puisse faire tout ça.

Tu as toutes ces activités mais elles ne sont pas aussi visibles que ton statut d'artiste. Si ton public te dit qu'on ne te voit plus depuis un bout de temps et te crois 'inactif", cela te fait sourire ?

Il y a des gens qui essaient de se justifier pour tout. Je fais ce que je fais et cela me permet quand je fais un album que les gens voient que j'ai un vécu riche et que je n'ai pas l'air du mec qui s'emmerde. De là à essayer d'aller crier sur les toits tout ce que je fais dans une journée, non. Je le fais réellement pour moi dans un premier temps. Sans mentir, si toutes les idées que je peux créer n'ont pas la possibilité d'être partagées avec le public, c'est plutôt embêtant. Quand tu bosses sur une idée et qu'elle tombe à l'eau, c'est dur.

Il y a plein de gens au début qui ne connaissaient que Femme like you et me croyaient complètement cruche. C'est plus drôle qu'autre chose. Après 7 ans, je suis encore là. Je prépare mon quatrième album. Ma récompense est là. Il y a plein de gens avec lesquels on m'associait et qui ne sont plus là. Je n'ai pas l'impression d'avoir à me justifier, de devoir prouver quelque chose. Je fais mon truc.

En tant que producteur, comment ressens-tu la crise du disque actuelle ?

Mon avantage est que j'ai un peu deux personnalités. Je suis l'artiste qui sent et ne sent pas la crise en même temps. Quand on est en studio et que les claviers sont allumés, la crise, on ne sait pas ce que cela veut dire : on fait de la musique. Le problème est quand on doit la mettre en marché. Là, il se trouve que c'est la même personne. Quand je passe dans mon rôle de producteur, j'en prends conscience. Il y a eu beaucoup de changements dans mes équipes, j'ai du m'adapter à la crise, alléger notre système commercial... Je pense que cela a fait du bien aux artistes qui sentaient un peu moins tout le business qu'il y avait autour de nous. La crise nous a demandé de nous adapter businessement parlant mais cela nous a encore plus liés.

On est très actif dans la recherche de nouvelles solutions : essayer d'encadrer les artistes dans des projets annexes : de la pub, du cinéma, de la mode. J'en parle même dans l'album avec une chanson C'est pas grave : il faut faire de la musique qui nous représente et le public ira la chercher d'une façon ou d'une autre. A nous d'essayer de gagner notre vie avec ça.

De nouveaux modes de production comme les labels participatifs émergent. Qu'en penses-tu ?

Je ne sais pas trop quoi en dire. Je pense que tous ceux qui ont un discours sûr d'eux et qui pensent avoir la solution sont en train de mentir. S'ils avaient la solution, il y a longtemps que nous serions sortis de cette situation. Toutes les idées sont bonnes en ce moment. Toute industrie en crise a besoin de se remettre en question ainsi que ses acteurs principaux. Ce qui est triste est que les gros industriels ne se remettent qu'en question que quand ils perdent vraiment beaucoup d'argent ce qui est le cas cette année. Je pense qu'on devient donc plus créatif et que c'est tout le monde qui doit s'y mettre.

Pour terminer cette interview, un dernier petit mot pour les lecteurs de PTiTBloG ?

Rendez-vous en mars prochain pour la sortie de l'album. Je ne faisais pas beaucoup de promo ces dernières années mais là, je vais faire un effort pour pouvoir reconnecter avec tout mon public et remonter sur scène.

Merci beaucoup K-Maro d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. On rappelle que tu termines actuellement ton quatrième album "01.10" et qu'il sera dans les bacs en mars prochain. Bonne continuation !

Références :

Site officiel de K-Maro !
MySpace officiel de K-Maro !

Clip de son nouveau single "Music" :

Clip de son précédent single "Elektric" :

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