Publié le samedi 29 décembre 2012 à 00:36

"Main dans la main" : magique et touchant

Si vous avez envie de vous rafraîchir un peu avec une histoire légère et pleine de beaux sentiments, Mains dans la main de la prometteuse Valérie Donzelli est fait pour vous.

Joachim est ébéniste à Commercy et aime le skateboard. Hélène est professeur de danse classique dans le très célèbre Opéra Garnier, prête à recevoir la légion d'honneur. Tout les sépare, et tout va les réunir. Son travail mènera le tranquille provincial Jojo à Paris pour mesurer les miroirs de l'Opéra, il y rencontrera la stricte bourgeoise Hélène et ce qui semble être un coup de foudre arriva. Ils s'embrassent au premier regard, puis une magie s'opère, un sortilège peut-être ? Ils sont liés l'un à l'autre inexplicablement, une force leur fait faire les mêmes gestes, leur fait prendre les mêmes chemins. Au rythme de la musique parfois douce, parfois plus pop, comme leur vie, ils acceptent leur sort sans réussir à comprendre le pourquoi du comment. A force de se supporter, de se suivre, vont-ils finir par se connaître et s'aimer ou tenter de se repousser et se séparer ?

Critique :

Pour son troisième film, Valérie Donzelli s'efface dans un second rôle, celui de la sœur de Joachim, pour laisser à son interprète fétiche, Jérémie Elkaïm, prendre la lumière aux côtés de Valérie Lemercier. Le duo fonctionne et se coordonne joliment, lui paisible et elle gracieuse. Ce couple est tellement improbable, mais leur relation si poétique, qu'on a envie d'y croire. Cela nous est raconté comme un conte, une voix off intervient parfois, des plans granuleux comme sortis d'un rêve nous recentrent vers le ressenti des personnages, et puis on se laisse facilement emporter dans la magie des décors de l'Opéra Garnier au son d'une musique souvent très eighties bien choisie. L'ensemble est un ballet joyeux qui nous vole quelques sourires et nous émeut.

La situation burlesque dans laquelle se retrouve les deux personnages est toujours utilisée de manière délicate, on ne tombe pas dans le gag grotesque, tout est mis en scène délicatement, chorégraphié avec justesse et un humour justement dosé. On est plus proche d'un conte de fée que d'une comédie car la poésie l'emporte sur le comique de situation. Au delà du conte, les thèmes abordés sont les relations humaines, la manière dont les gens s'attachent l'un à l'autre et comment des relations se font et se défont. Les personnages s'observent mutuellement, se questionnent sur eux-mêmes et regardent autour d'eux pour trouver le bon chemin à prendre, si bon chemin il existe, seul ou à deux.

On retrouve l'énergie de La guerre est déclarée dans un sens beaucoup plus gai et léger. La réalisatrice apporte un dynamisme rare dans le cinéma français, plein de fraîcheur et de belles couleurs, qui fait vraiment plaisir à voir. Main dans la main est une belle histoire d'amour pour finir l'année le cœur léger.

Nathalie LAFOURCADE
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