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Publié le lundi 18 juin 2012 à 13:29

"Quand je serai petit" de Jean-Paul Rouve : troublant

Mathias, la quarantaine, paysagiste, est troublé lors d'une croisière avec sa femme lorsqu'il aperçoit un enfant qui lui ressemble physiquement mais aussi dans son comportement. Plus tard, à son retour à Paris, il ne cesse de penser à cette frappante rencontre. Il mène son enquête et finit par le retrouver dans le Nord. Encore plus bouleversant, il se rend vite compte que le père du petit est le sosie de son propre père décédé trente ans plus tôt. On ne sait pas pourquoi et en même temps ça n'a plus vraiment d'importance, Mathias va se rapprocher de cette famille et sera comme projeté dans sa propre enfance, comme s'il revivait certains moments de sa vie... Une mise en abîme émouvante.

Critique :

Quand je serai petit n'est pas qu'une comédie légère sans prétention, c'est un film fantastique mais freiné par un manque de rythme. C'est dommage car le casting est attachant, les acteurs font passer quelque chose de vrai, de naturel et de tendre. Pour ceux qui ne croiraient pas encore au réel talent de Poelvoorde, il est ici extrêmement attachant, touchant et calme. Le petit garçon joué par Miljan Chatelain est excellent et surprend presque par sa spontanéité. On retrouve avec plaisir Miou-Miou, Claude Brasseur et Gilles Lellouche dans des rôles secondaires.

Ce qui pourrait être à la base une histoire banale se transforme très vite en fable. Mathias n'a pas l'air d'avoir fait le deuil de son père et doit entrer dans une crise de la quarantaine, il se pose beaucoup de questions. La rencontre avec cette famille dans laquelle il se projette trente ans plus tôt peut entraîner beaucoup d'incohérences mais on devient facilement curieux de leur étrange relation. On peut reprocher à Jean-Paul Rouve une réalisation trop classique, le manque de rythme et trop de pathos sur la fin, néanmoins son histoire est troublante, le mot qui pourrait résumer ce film.

Nathalie LAFOURCADE
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