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Publié le vendredi 23 septembre 2011 à 16:25

Milos Karadaglic en interview

Milos Karadaglic est un jeune guitariste de 28 ans originaire du Montenegro, en ex-Yougoslavie. La guitare ? sa passion et son art. Il a lancé en juin dernier son premier album "Mediterraneo" et parcourt depuis le monde pour distiller des notes subtiles aux amateurs du genre. Nous l'avons croisé avant son dernier concert parisien et il nous livre les sacrifices qu'il a fait pour arriver à ses fins et vivre son rêve... c'est parti !

Bonjour Milos et bienvenue sur PTiTBloG. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Mon nom est Milos Karadaglic. Je viens d'une petite région du Montenegro qui fait partie du grand pays, la Yougoslavie. Je joue de la guitare classique. J'ai débuté à 8 ans au Montenegro. Quand j'ai eu 17 ans, j'ai étudié à la Royal Music Academy de Londres et c'est là où je vis depuis. J'ai travaillé dur et l'année dernière, j'ai signé un beau contrat avec le label Deutsche Grammophon. J'ai enregistré beaucoup de choses pour eux. C'est ce dont j'ai toujours rêvé. Je suis très heureux.

Es-tu fier de signer chez Deutsche Grammophon qui est un des plus grands labels de musique classique ?

C'est le rêve de n'importe quel artiste, jeune ou vieux. Il est connu pour son excellence.

Très jeune, tu as quitté ton pays pour partir à Londres. Etait-ce un choix difficile ?

C'était très difficile mais c'était quelque chose que je devais faire. Je voulais apprendre avec les meilleurs professeurs. J'ai entendu que la Royal Music Academy à Londres cherchait des étudiants. J'ai travaillé dur pour être en mesure de l'intégrer. Quand je suis parti à Londres, c'était très très dur de quitter ma famille. Cette décision a tout changé. Quand tu as l'envie d'accomplir tes rêves, ce que tu veux vraiment, tu dois toujours en payer le prix.

Tu as choisi de nommer ton album Mediterraneo. Pourquoi ce choix ?

C'est mon premier album. Il y a différents styles : de la Renaissance aux influences latino-américaines et des concepts différents. Je voulais démarrer avec Mediterraneo car la guitare vient de la Méditerranée.

Comment as-tu choisi les morceaux ?

Chaque titre a une place spéciale car elle représente pour moi différentes époques de ma vie d'artiste et d'homme. Par exemple, Asturias est le premier morceau que j'ai écouté. Jeux interdits est le premier morceau que j'ai joué en concert public quand j'avais 9 ans. Domeniconi est un titre qui représente mon arrivée à Londres. Je pourrai en parler des heures car chaque titre a une place spéciale. Ils ont tous leur place sur cet album. J'espère que les gens vont les aimer.

 

"Quand tu as l'envie d'accomplir tes rêves, ce que tu veux vraiment,
tu dois toujours en payer le prix."

 

Nous avons l'habitude de rencontrer des artistes pop. Pourrais-tu nous expliquer comment se passe l'enregistrement d'un disque classique ?

Je pense que tout le monde le fait de manière différente. Tout dépend des morceaux : quand ils sont courts, j'aime faire une prise. Si c'est une sonate, j'aime l'enregistrer par mouvement. Je le fais deux fois et ensuite, je l'écoute. Il peut y avoir des extraits que j'ai envie de changer. A la fin, tu as assez de matières. Le plus gros challenge de l'enregistrement est la différence entre le live et l'enregistrement. Faire un enregistrement qui sonne comme un enregistrement n'est pas bon. L'enregistrement doit être organique et vivant. C'est pourquoi garder l'intensité d'une performance live sur un morceau long et avec la même intensité est un vrai challenge dans le processus d'enregistrement.

Tu as transposé des morceaux de piano pour les jouer à la guitare. Etait-ce évident ?

Effectivement, quand tu penses au nombre de notes à la guitare et au piano, c'est difficile. Le répertoire d'Enrique Granados est un répertoire où le piano devait sonner comme une guitare. Cela fonctionne donc très bien avec une guitare. Il n'y a ainsi aucun compromis. Il y a d'autres titres où cela ne fonctionnent pas comme ça. Tu dois tout de même faire des changements d'octave, arranger mais toujours préserver la direction musicale du compositeur car c'est une marque de respect.

As-tu pensé à présenter tes propres compositions ? Pour un 2ème album, peut-être...

Pas pour un second album mais un jour peut-être. Je le ferai quand je penserai que j'ai quelque chose à dire. Aujourd'hui, j'ai envie de me connecter avec les gens et avec mon interprétation.

Penses-tu que ta jeunesse puisse interpeller les jeunes et qu'ils se penchent sur ta musique ?

Je pense qu'il est important pour n'importe quel artiste d'atteindre un nouveau public et de l'emmener vers ses concerts. Si c'est le moyen de le faire, je veux bien sortir des salles de concert classique et jouer dans des endroits étranges. Et peut-être qu'un jour, ce public viendra vers un concert classique.

Pour terminer cette interview, un dernier mot pour nos lecteurs ?

J'ai juste envie de leur dire d'apprécier la musique. Que chacun fasse aller sa vie de mieux en mieux en ouvrant son coeur.

Merci beaucoup Milos d'avoir répondu à nos questions. On rappelle que ton album "Mediterraneo" est toujours disponible et que tu seras en concert le 19 mars 2012 au Théâtre des Champs-Elysées. Bonne continuation et merci !

Références :

Site officiel de Milos Karadaglic !

Clip de "Tarrega : Lagrima" :

Laure PETIT
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