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Publié le mercredi 30 janvier 2013 à 00:40

Florent Mothe en interview

Il s'était fait attendre depuis un an et demi : Florent Mothe vient de donner le coup d'envoi de sa carrière solo. Après deux ans de triomphe au sein du spectacle Mozart l'Opéra Rock, auquel il doit son carton avec "L'assasymphonie" et un NRJ Music Award en tant que révélation de l'année, il est de retour, cette fois pour un projet à bien à lui. A travers son interview, Il nous parle de son parcours, de son single « Je ne sais pas » et de ce premier opus qui verra bientôt le jour.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Florent Mothe, j’ai 31 ans, je suis chanteur, interprète, mais aussi auteur-compositeur de certaines chansons sur mon album. J’ai fait partie de l’avant-dernière comédie musicale de Dove Attia et Albert Cohen, Mozart l’opéra rock, pendant 3 ans. J’ai eu la chance grâce à ce spectacle, et à la chanson « L’Assasymphonie » qui avait bien marché, d’avoir signé un contrat d’artiste avec une maison de disques pour faire des albums solos. Je suis donc sur le point de délivrer mon premier album !

Avant de créer cet album, tu as eu des expériences musicales assez variées, du rock au jazz en passant, donc, par la comédie musicale. Comment as-tu choisi quelle direction musicale tu allais prendre ?

Effectivement, j’avais déjà une petite expérience musicale, mais pas si poussée que cela en fait. Avant j’étais amateur, j’en ai fait mon métier grâce à Mozart l’Opéra Rock.  J’ai beaucoup écrit de musique dès que j’ai commencé à jouer de la guitare et à chanter. Du rock, voire du métal, j’en ai fait quand j’étais plus jeune,  à 20 ans, quand j’étais encore un rebelle. Maintenant je suis un papy ! Donc voilà, j’ai fait du rock, et ensuite je suis passé à des trucs un peu plus cools. J’ai vécu au Canada quelques années après avoir fini mes études, et là-bas je faisais de la musique un peu plus acoustique, plus jazz en effet, de la pop. Après, j’ai fait de la comédie musicale, bien sûr. Aujourd’hui j’avais envie de faire un album comme ça, ça s’est fait naturellement. En fait cet album est une photographie de mon style musical aujourd’hui, j’imagine qu’il va encore évoluer.

Qu’est-ce que Mozart l’Opéra Rock t’a apporté musicalement parlant ?

Comme je te le disais, j’ai vécu au Canada pendant 3 ans donc j’ai beaucoup chanté en anglais là-bas. Et bien sûr, quand je faisais du rock et du métal, je chantais en anglais, puisque c’est le langage de prédilection de ce style. Le fait de revenir en France et de chanter dans Mozart l’Opéra Rock, ça m’a permis de réapprendre à chanter en français, et c’est assez difficile en fait ! Il y a beaucoup de travail d’interprétation. Il y a du travail technique aussi, pour éliminer tous les tics de langage, tout le maniérisme qu’on peut avoir quand on chante en anglais. Ca m’a également permis de « prendre des heures de vol », comme on dit, puisqu’on a fait beaucoup de scène : on a fait 350 dates en 2 ans. Ca m’a vraiment donné beaucoup d’expérience.

Justement, tu chantais en anglais, tu composais en anglais, et là tu reviens au français. C’est un choix délibéré ou c’était simplement naturel ?

C’était quelque chose de naturel, mais de voulu aussi. C’est à dire que plus jeune, j’écoutais de la variété française, et de la pop française : j’ai beaucoup écouté Gainsbourg, Balavoine, Michel Berger,... Après j’ai dérivé vers la musique anglo-saxonne, avec des groupes comme Radiohead, ou du hard rock comme Metallica par exemple. Et en rentrant en France, pour Mozart l’Opéra Rock, j’ai redécouvert la musique française, des artistes que je ne connaissais pas très bien, comme Nougaro, Gainsbourg, Boris Vian, Bashung, les Rita Mitsouko, ... Et parce que je suis un amoureux de la musique, je suis retombé amoureux de cette musique là. J’avais hâte de faire un album en français. Donc ça s’est fait très naturellement.

Peux-tu nous parler de cet album, qui a pour l’instant été gardé assez secret ? A-t-il déjà un titre d’ailleurs ?

En ce qui concerne le titre, je me suis gardé un petit cadeau à moi-même pour la fin ! Je n’ai pas encore choisi, donc je ne peux rien dévoiler. Pour l’album : c’est un album solo, c’est à dire qu’il y a mon nom dessus, mais ce qu’il faut savoir, c’est que je pense qu’un album solo ça n’existe jamais. J’en avais fait un au Canada, et même là je m’étais fait aider, même si rester tout seul dans sa chambre à faire des chansons,  j’avais déjà fait aussi.  Mais là, c’est vraiment un album de collaboration. J’ai travaillé avec des gens que j’admire en tant qu’artistes et que j’aime beaucoup en tant  qu’êtres humains. J’ai travaillé avec Ycare, avec Vincent Baguian. J’ai également travaillé avec Dove (Attia). Et en fait, on connaît très bien Dove le producteur mais on ne connaît pas très bien l’artiste. Il faut savoir qu’il a beaucoup travaillé  sur Mozart l’Opéra Rock et sur 1789 en tant qu’auteur-compositeur, et il a bien voulu travailler avec moi sur cet album.

Comme je le disais, c’est un album en français, avec des chansons d’amour, des chansons de désamour et puis des chansons un peu différentes, plus « rebelles », plus originales, avec des thèmes qu’on n’a pas forcément l’habitude d’aborder,  en tout cas des thèmes plus personnels. Par exemple, une chanson parle de « mes éléphants roses », une autre d’un homme dans son rocking chair,... Il y a aussi une chanson qui s’appelle « Tais-toi et chante ».

Le but c’était d’arriver à faire un album sincère qui me corresponde. Même si les gens ne connaissent pas ce que j’ai fait avant, pour moi, il fallait que je sois dans la continuité. Et je suis très content, j’ai l’impression d’avoir réussi. C’était ça le plus important à mes yeux, en tout cas à mes oreilles : arriver à être sincère et arriver à faire que ça me plaise, parce que c’était le seul moyen que j’avais pour espérer toucher les gens. Il fallait que ça me touche moi.

C’est un album de pop, un album de guitare. C’est-à-dire que je pourrais le jouer tout seul en acoustique puisque beaucoup de chansons ont été composées comme ça avec juste une guitare acoustique. On a essayé de faire en même temps un album moderne, qui sonne comme la pop d’aujourd’hui, mais par exemple avec des vieux claviers des années 80, en espérant que ça devienne quelque chose d’un peu intemporel. Mais ça on verra dans dix ou vingt ans !

Peux-tu nous en dire plus de ta collaboration avec Ycare ?

Avec Ycare, on a collaboré sur deux chansons. Une qui s’appelle « Arrête », et une autre qui s’appelle « Astérisque ». Et avec lui, c’est une vraie collaboration, j’ai travaillé différemment. Pour des auteurs comme Vincent Baguian, j’ai fait mes maquettes à la maison, je les ai beaucoup travaillées, et puis on a essayé de faire les textes ensemble, ou lui de son côté tout seul, ou lui avec Dove Attia. On essayait d’arriver à mettre des mots sur les mélodies. Avec Ycare c’était un peu différent, on a travaillé ensemble sur les textes et musiques, donc même si en effet, c’est lui l’auteur et moi le compositeur, dans les faits, moi j’ai un peu façonné ses textes et lui a un peu façonné ma musique.

As-tu créé cet album en pensant à la scène, ou c’est quelque chose que tu verras ensuite avec de nouveaux arrangements ?

Je pense que tu fais toujours un peu d’arrangements finalement, en montant sur scène. Personnellement, j’adore voir les artistes me délivrer l’album que je connais, j’aime beaucoup réentendre les sons, les ambiances de l’album. C’est vrai que parfois les nouveaux arrangements c’est très bien aussi.

En fait, on ne s’est pas vraiment posé de questions pour l’album. J’ai eu la chance de travailler avec Pierre Jaconelli, qui a réalisé mon album. Il a beaucoup d’expérience, parce qu’il a travaillé avec Obispo, Zazie, Johnny Hallyday, Benjamin Biolay aussi. Avec lui, on n’a pas discuté, on ne s’est pas dit « on va aller dans cette direction là ». On  a vraiment fait de la musique. Donc je pense que l’album est fait pour la scène puisque il a été conçu comme si on avait été un groupe. J’avais des chansons à la guitare et on a cherché des bases rythmiques, des lignes de basse, des arrangements de guitare, de clavier… J’ose espérer qu’il sera fait pour la scène !

Ton single « Je ne sais pas » vient de sortir, peux-tu nous en parler ?

Le single s’appelle « Je ne sais pas », c’est une chanson écrite par Elio et Lionel Florence. Lionel Florence, c’est quelqu’un qu’on connaît beaucoup en France parce qu’il a écrit plein de textes, notamment pour Obispo. Elio, on le connaît moins parce qu’il est un peu plus jeune. Il avait écrit une chanson pour Mozart l’opéra rock qui s’appelait « Le bien qui fait mal », que je chantais. Il avait aussi crée des chansons pour Diam’s à l’époque, il avait eu des grands succès avec elle. En fait, c’est quelqu’un que je n’ai jamais rencontré mais on s’est souvent parlé au téléphone et comme j’aime les collaborations… Et puis je suis un débutant, faut pas se le cacher, c’est mon premier album, ça m’intéressait de travailler avec d’autres personnes ! Donc cette chanson avait été proposée pendant l’écriture de mon album, j’ai eu un coup de cœur dessus. Je trouvais que c’était très bien d’avoir une chanson écrite par d’autres personnes, ça donnait peut être un peu d’air. Du coup, honneur aux invités : c’est cette chanson qui sera le premier single. Mais c’est aussi parce qu’on s’est dit qu’elle est très jolie, très efficace.

Sur la pochette du single on te voit avec un ballon de rugby, et visiblement tu viens de te faire casser la figure… Est-ce que tu peux nous en dire plus ? C’est vers cela que tu veux aller sur le clip ?

En effet, on a déjà réfléchi au clip... Normalement, si tout se passe comme prévu, il y aura un lien avec cette photo. Concernant la pochette, ce qui m’intéressait, c’était d’avoir un visuel qui diffère,  en tout cas ça ne m’intéressait pas d’avoir juste ma figure. Des photos on en a plein tous les jours sur internet, ça défile à dix mille à l’heure. Donc je me suis dit qu’avec un cocard, même sans me connaître, les gens allaient peut-être se demander ce qui avait bien pu m’arriver. En ce qui concerne le ballon  de rugby, j’espère avoir d’autres explications en images à vous donner bientôt !

Tu t’es récemment illustré dans une websérie « Mothe d’emploi », d’où ça vient ?

J’aime pas parler pour ne rien dire : tu le disais tout à l’heure, pendant la création, on a été un peu secret. Mais quand je n’ai rien à dire, je ferme ma gueule ! Encore une fois, on est abreuvé d’informations tous les jours, et je préfère ne pas me noyer dans cette masse-là, surtout si c’est pour ne rien dire ! Mais cet été, on était dans le studio Gang, un lieu mythique,  et on se disait que c’était bien de garder des images de ce moment. On a commencé à filmer, et on s’est dit : puisque là on a quelque chose à dire, peut être que c’est le moment de le faire. Donc on a fait cette première vidéo avec Nikos… C’est devenu le prélude de « Mothe d’emploi », puisqu’on a essayé de garder le format. Nikos Aliagas, qui est un journaliste de talent, et aussi un ami, a bien voulu me rendre ce service de montrer sa bouille et d’écouter les titres en studio. A la rentrée, comme on était plutôt sur de bons rails, je me suis autorisé à me dire qu’on allait peut-être arrivé au bout, et qu’il était peut-être temps de montrer des images et d’en parler. Est née cette idée de websérie. Plutôt que de mettre le making-of de l’album en bonus d’un DVD, on a voulu le mettre avant. Cela nous permettait de passer des extraits de l’album, de montrer aux fans qu’on ne les avait pas oubliés.

Une chanson de ton album s’intitule « Mes éléphants roses », le titre m’a interpellée : peux-tu nous en dire plus ?

C’est l’histoire d’un homme qui marche tout droit : il fait attention à pas dépasser les limites autorisées, à ne pas marcher de travers, et donc à pas se droguer par exemple. En bref, il fait attention à être exemplaire. Mais malheureusement, il s’ennuie beaucoup, cet homme-là. Et donc, pour se divertir, et pour relâcher la pression, il a trouvé une autre drogue à lui, et cette drogue-là, qui lui fait voir ses éléphants roses, c’est le porno sur Internet… Voilà !

Une petite question « bonus » : tu avais joué sur scène deux chansons « Bye bye » et « Marylin » : seront-elles sur l’album ?

Elles ne sont pas dans la liste des 11 chansons qui sont sur l’album, mais elles ça ne veut pas dire que je les rejouerai jamais…

Hormis la préparation de ton album, tu as récemment participé à l’album Génération Goldman, que représente Jean-Jacques Goldman pour toi ?

C’est le premier artiste que j’ai écouté de ma vie, je crois. Le premier artiste que j’ai chanté de ma vie, en fait : je devais avoir trois–quatre ans, je chantais déjà du Goldman. Je suis né en 1981 et lui a lancé sa carrière en 1981… Donc c’est totalement de ma génération, je l’ai vu plein de fois en concert quand j’étais jeune, et quand on m’a demandé de faire cet album, j’ai dit oui tout de suite, sans hésiter.

Pour terminer l’interview, un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je remercie beaucoup ceux qui me suivent d’être toujours là. Je sais que j’ai pris mon temps, mais c’était pour essayer de livrer un album le plus sincère possible, et j’espère que ça leur plaira !

Références :

Page Facebook officielle de Florent Mothe !
Compte Twitter officiel de Florent Mothe !

Marie SAUVEE
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