
Ca y est, l’événement de la rentrée a démarré. Après deux ans de préparation, Dove Attia et Albert Cohen ont présenté leur très attendu nouveau spectacle, « 1789, Les amants de la Bastille » pour la première fois ce 10 octobre. Les deux producteurs sont connus pour leurs spectacles à succès : Les 10 Commandements, Le Roi Soleil et dernièrement Mozart l’Opéra Rock. Ce nouveau spectacle était donc pour eux un nouveau challenge. Nous avons vu 1789 pour vous, verdict sur cette première haute en couleurs.
1789, c’est déjà un spectacle très bien travaillé. La mise en scène a été confiée au chorégraphe italien Giuliano Peparini, assisté pour les lumières et les animations de François Chouquet (Le Roi Soleil, Mozart l'Opéra Rock) et Franck Desplanches. Le résultat est superbe. Les décors (de grands panneaux qui se déplacent), plutôt minimalistes, sont ingénieux, même si par moments ils empêchent de voir l’intégralité de la scène. Globalement, si quelques tableaux se ressemblent beaucoup, la dynamique est appréciable et les chorégraphies brillamment exécutées, alors même que l’on a en permanence une vingtaine de danseurs sur scène. Quelques tableaux sortent du lot, comme Je Veux le Monde, Tomber dans ses yeux ou encore Hey Ha. On adore aussi les scènes de percussions sur corps, innovantes et très amusantes. Dove Attia est un passionné d’Histoire, et la mise en scène de 1789 permet effectivement de retranscrire cette période historique, avec tout l’espoir qu’elle comporte mais aussi la violence (mention spéciale pour les fusils qui pètent sur scène !), les difficultés, la mort, réalités bien présentes en 1789. Néanmoins, un conseil pour ceux qui voudraient aller voir le spectacle, mieux vaut un peu réviser la période avant de venir, cela vous évitera quelques confusions sur les personnages. L'histoire du spectacle mêle en effet à la fois la véritable histoire, avec des personnages réels comme Camille Desmoulins, Robespierre, Danton et Marie-Antoinette, et l'histoire d'amour inventée entre Ronan, un paysan devenu révolutionnaire, et Olympe, confidante de la reine.
Côté comédie, la production Attia/Cohen montre là encore un bel avantage sur ses concurrents. En effet, les comédiens sont tous excellents, notamment Philippe Escande, qui campe un Louis XVI enfantin, irresponsable et naïf. L’autre bonne surprise, c’est le retour de Yamin Dib, qui interprétait l’excellent Rosenberg dans Mozart l’Opéra Rock. Dans 1789, Yamin joue l’ignoble Auguste Ramard, le mouchard, un espèce de tyran ridicule et drôle, accompagné de deux larbins hilarants. Il va même jusqu’à pousser la chansonnette Je Suis un Dieu, l’un des tableaux marquants du spectacle. Mais si Yamin est très bon dans ce genre de rôle, on peut regretter qu’il soit parfois un peu trop présent, voire caricatural, cela devient lourd par moment. Petit bémol d’ailleurs, il y a un petit déséquilibre entre l’acte 1, comportant quelques longueurs (et les scènes d’amour gnangnans sont looooongues!), et l’acte 2, plus dynamique et plus percutant. Mention spéciale pour l’une des scènes finales, la déclaration des droits de l’homme, très jolie visuellement et très émouvante (en plus, ça vous permettra de réviser vos cours de droit).
Mais une comédie musicale ne serait pas complète sans parler du côté musical… Et là, on est servi. Si les morceaux du spectacle sont excellents, les inédits qui n’étaient pas sur l’album sorti au début de l’année sont encore meilleurs : le son des guitares électriques mêlées à la voix de Louis Delort est presque jouissif (on aurait d’ailleurs aimé avoir un groupe live plutôt qu’une bande son). En parlant de Louis Delort (le beau gosse de The Voice), il crève l’écran en Ronan. Si au départ on pouvait penser que le choix de prendre Louis dans le spectacle était motivé par l’envie de créer un buzz, cette première représentation permet de voir que le jeune homme mérite amplement son rôle. Charismatique et magnétique quand il chante, Louis Delort se révèle aussi un excellent comédien. A ses côtés, Camille Lou, qui joue Olympe, son amoureuse, est-elle aussi très juste. Le reste de la troupe est impeccable : Rod Janois, compositeur de son état, interprète à merveille le journaliste Camille Desmoulins. David Ban, comédien renommé, campe un Danton totalement génial. Sébastien Agius est quant à lui Robespierre, un rôle qui lui va très bien (on aurait cependant apprécié de l’entendre un peu plus). Roxanne Le Texier est elle aussi très juste dans son rôle, tour à tour reine insupportable et mère touchante en Marie-Antoinette. Nathalia est resplendissante dans le rôle de Solène. Enfin, Mathieu Carnot, qui devait à la base jouer le rôle repris par Louis Delort pour des raisons de problèmes vocaux, s’en sort très bien en Comte de Peyrolles, officier du roi. On aurait aussi apprécié de le voir un peu plus, car son tableau Insurgés Obtempérez est l’un des plus beaux du spectacle. Bref, à tout cela s’ajoute une dizaine de comédiens, dont le personnage de Charlotte, une petite fille absolument géniale, et au final on a parfois du mal à s’y retrouver. Mais il n'y a aucune fausse note dans l'interprétation, aucune erreur de casting.
En bref, 1789 est un très beau spectacle. Difficile de ne pas le comparer à Mozart l’Opéra Rock, mais les deux ambiances sont vraiment différentes. 1789 a le mérite de présenter des titres excellents, une troupe brillante, et une mise en scène appréciable. Avec 1789, les amants de la Bastille, Dove Attia et Albert Cohen montrent qu’ils sont encore les maîtres des spectacles musicaux en France.
1789, Les amants de la Bastille sera au Palais des Sports jusqu’au 30 décembre, puis en tournée dans toute la France en 2013. Un album intégral sortira le 22 octobre prochain.
Pour en savoir plus sur 1789, les amants de la Bastille, visitez son site officiel !




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